Quel est l’impact des compliments sur le cerveau ? En cette journée mondiale du compliment, découvrez la neuroscience derrière un compliment et écoutez ce que Sarah McVanel, l’experte mondiale en reconnaissance a à dire sur le sujet.
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Un de mes oncles préférés disait toujours : « Il faut être fin dans la vie, parce que quand on est fin, tout peut se résoudre beaucoup plus facilement. »
Imaginez la scène : vous êtes au comptoir d’Air Canada, votre vol vient d’être annulé et tout le monde crie après l’agent. Puis arrive votre tour. Vous restez calme, respectueux, humain. Il y a alors de bonnes chances que vous trouviez un meilleur vol que les autres, ou à tout le moins un meilleur siège. Être fin, ça paye souvent.
Mais regardons ça d’un peu plus près, du point de vue des neurosciences. Être gentil ou offrir un compliment, ce n’est pas juste une question de politesse : c’est réellement de la neuroscience. Un compliment envoie des substances biochimiques positives dans le cerveau de la personne qui le reçoit.
Cela dit, le type de compliment est extrêmement important.
Lancer un rapide « OK, bon travail » en quittant la pièce, sans vraiment regarder la personne, ou envoyer un message expéditif sans réelle intention derrière, ce n’est pas la même chose. Oui, ce genre de compliment déclenche une petite dose de dopamine. La personne se sent bien sur le moment, reçoit une sensation agréable… mais c’est très bref. La dopamine disparaît rapidement, et le cerveau peut même commencer à se poser des questions : « Est-ce que c’était sincère ? Y avait-il une intention cachée derrière ce compliment ? »
Voyons maintenant ce qu’est un compliment authentique.
Un vrai compliment commence quand on s’arrête. Quand on prend une pause. Quand on choisit de connecter. On regarde la personne dans les yeux et on dit : « Tu sais quoi ? J’ai vu ce que tu as fait. J’ai été témoin de ce que tu as accompli, et honnêtement, c’était remarquable. Bravo. »
Ce genre de compliment ne fait pas seulement du bien pour quelques secondes. Il fait sentir la personne en sécurité. Il donne envie de faire confiance, que ce soit dans une relation de partenariat, de leadership, de travail d’équipe, ou même dans la relation parent-enfant.
Et la confiance, c’est là que ça devient brillant.
Dans les équipes comme dans les relations professionnelles, les compliments sincères et la confiance authentique font toute la différence à long terme. Pourquoi ? Parce qu’ils génèrent de l’oxytocine. Contrairement à la dopamine, l’oxytocine dure beaucoup plus longtemps — au moins une heure — et elle permet de créer une mémoire émotionnelle dans le cerveau limbique. Une mémoire qui, elle, peut rester très longtemps.
Ce n’est donc pas simplement une question de se sentir bien pendant quelques secondes. C’est une question de se sentir vraiment bien, beaucoup plus longtemps.
C’est pour cette raison que j’avais envie de vous parler de Sarah McVanel. Reconnue mondialement comme la reine de la reconnaissance, elle est à l’origine du mouvement ThankFULL.
Dans le cadre de ce mouvement, des prestataires de soins de santé canadiens ont été invités à écrire le meilleur compliment qu’ils aient jamais reçu. Ces compliments ont été inscrits sur des cartes, apportés en Europe, puis présentés à des prestataires de soins européens avec une question simple : « Lequel de ces compliments résonne le plus pour vous ? »
L’objectif était de tester quelque chose de fascinant : est-il possible de faire en sorte que des personnes, dans un autre pays, se sentent réellement vues par des pairs qu’elles ne connaissent même pas ?
Sans grande surprise, surtout quand on connaît la neuroscience derrière la reconnaissance, les réactions ont été puissantes. Les gens étaient choqués, surpris et profondément touchés de savoir que quelqu’un, de l’autre côté de l’océan, avait pensé à eux. Et surtout, ils ne réalisaient pas à quel point ils avaient besoin de ce compliment.
Quand un compliment est inattendu, quand il vient de quelqu’un qui compte pour nous — ou même d’un pair que l’on ne connaît pas — il résonne profondément et devient inoubliable. On ne peut pas oublier une personne venue d’un autre pays, portant des mots de reconnaissance écrits par de parfaits inconnus. On s’y accroche.
Le mouvement ThankFULL crée aussi ce que Sarah appelle des « cascades de compliments ». Un bel exemple est celui de Duff, mon mari extraordinaire, qui a reçu un compliment et a choisi de me le transmettre. Regardez la vidéo, ça vaut le coup… Cette circulation de reconnaissance rend le geste encore plus significatif. Ce n’est pas quelque chose qui doit être planifié ou orchestré. Il suffit que ce soit vrai, que ça compte, que ce soit authentique.
Et quand cela vient d’un conjoint, ou quand ça arrive complètement à l’improviste, ça donne à notre corps, à notre cerveau, à notre cœur et à notre âme exactement ce dont ils avaient besoin — même si on ne savait pas qu’on en avait besoin.
Alors aujourd’hui, souvenons-nous de ceci :
ne lançons pas des compliments comme des confettis.
Ralentissons.
Soyons spécifiques.
Soyons humains.
Soyons connectés.
Parce que chaque compliment sincère déclenche de la dopamine, génère de l’oxytocine, renforce la confiance et reprogramme le cerveau pour une véritable connexion.
Ce n’est pas juste être gentil.
C’est être neurologiquement brillant.
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