Avez-vous déjà entendu un gardien de but revenir après une partie en disant : « Je ne comprends pas. Tout le monde m'a lancé des rondelles toute la soirée. Je n'ai même pas pu regarder le match! »?
Évidemment que non.
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Le gardien de but n'est pas là pour regarder la partie. Il est dans la partie. Son rôle est d'arrêter les rondelles.
C'est exactement la même chose pour vous.
Pourquoi avons-nous tendance à nous mettre la tête dans le sable et à nous emporter dès qu'un imprévu survient? Nous faisons souvent comme si tout devrait être parfait, comme si rien ne devait nous déranger. Pourtant, lorsque nous occupons un rôle de leadership, les imprévus ne sont pas des exceptions : ils font partie intégrante de notre travail.
Si vous êtes un cadre, un vice-président, un gestionnaire ou un leader, il est parfaitement normal que les gens viennent vous interrompre.
Combien de fois entend-on quelqu'un dire : « Je n'ai même pas pu faire mon travail aujourd'hui. Les gens sont venus me déranger toute la journée! »
Mais c'est justement votre travail.
Vous êtes le gardien de but. Attendez-vous aux rondelles.
Cela me fait penser à mon mari, qui s'impatiente chaque fois que nous arrivons à un feu rouge.
« Encore un feu rouge! »
Pourtant, c'est tout simplement la circulation. Parfois, c'est notre tour de passer. D'autres fois, c'est celui des automobilistes qui arrivent de l'autre côté. C'est ce qui permet à tout le monde de circuler de façon sécuritaire. Il y aura toujours des feux verts, des feux jaunes et des feux rouges.
Alors pourquoi se mettre en colère contre quelque chose de parfaitement normal?
Chaque fois que nous nous irritons devant une situation inévitable, notre cerveau déclenche une cascade de réactions biochimiques associées au stress. Nous inondons littéralement notre organisme de substances qui nous font sentir mal.
À l'inverse, lorsque nous acceptons la situation telle qu'elle est, nous évitons de nourrir inutilement notre stress et nous restons beaucoup plus efficaces.
La même logique s'applique au travail.
Lorsque votre équipe dépose un dossier sur votre bureau en vous disant : « Nous ne savons pas quoi faire avec ça », il est facile d'avoir l'impression que tout repose sur vos épaules.
En réalité, c'est exactement pour cette raison que vous occupez ce poste.
Notre cerveau adore les repères. Il construit constamment des connexions neurologiques entre les neurones en créant des synapses. Au fil du temps, il classe les expériences dans de petites « boîtes » mentales.
Quand une situation déjà connue se présente, le cerveau retrouve rapidement la bonne boîte et sait comment réagir.
Mais lorsqu'un problème ne correspond à aucune boîte existante, le cerveau perçoit cette nouveauté comme une source d'incertitude.
C'est alors qu'un système d'alarme complexe s'active, impliquant notamment l'amygdale, le cortex cingulaire antérieur et d'autres régions du cerveau. Résultat : le bouton panique s'enclenche et nous avons l'impression d'être en surcharge du cortex préfrontal.
Cette réaction est parfaitement normale.
La clé n'est donc pas d'éviter ces situations, mais de les anticiper.
Au lieu de penser : « Pourquoi est-ce que ça m'arrive encore? », dites-vous plutôt : « C'est normal. Il n'y a tout simplement pas encore de boîte pour cette situation. Mon travail consiste à en créer une. »
Ce simple changement de perspective transforme complètement notre façon de réagir.
Si votre équipe avait déjà une boîte pour ce problème, elle l'aurait réglé sans vous. Si le dossier arrive jusqu'à vous, c'est précisément parce qu'il n'existe pas encore de solution toute faite.
Autrement dit, ce qui atterrit sur votre bureau correspond presque toujours à des situations inédites qui exigent votre jugement, votre expérience et votre capacité à créer une nouvelle façon de faire.
Voilà pourquoi il est normal qu'une journée de dirigeant soit remplie d'interruptions, de décisions difficiles et parfois même de moments de panique.
C'est le rôle.
Alors, cessez de vous surprendre lorsque les problèmes arrivent. Ils continueront d'arriver.
Parce que vous n'êtes pas dans les gradins à regarder la partie.
Vous êtes le gardien de but.
Attendez-vous aux rondelles.
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